Comme on pouvait s'y attendre, Stepanek a eu du mal à débuter sa première finale mais surtout, le match le plus important de sa carrière. Dès le deuxième jeu, Marat faisait le break, grâce à une magistrale volée haute. 2-0, puis 3-0. Peut-être un peu nerveux, Stepanek n'avait pas la même efficacité en premières balles que lors de ses sept matches précédents. Et surtout, on s'apercoit très vite que le grand Marat connaissait la faille dans le jeu de Radek : son coup droit...
Tout au long de la partie, Stepanek fut en effet mis au supplice sur ce coup. Beaucoup sont frappés dans le filet ou sortis d'au moins un mètre en fond de court. Le Tchèque, auteur de 48 fautes directes au total (contre 18 seulement pour Marat), ne trouva jamais le rythme. A 5-2, il dû même écarter deux balles de set. Mais sans trembler, Safin concluait cette première manche sur un magistral passing de revers (6/3 en 35 minutes).
Heureusement pour la qualité du spectacle, Stepanek élevait son niveau de jeu dans le deuxième set. Mais, à 1-1, il cédait à nouveau son service, dans un jeu où il ne passait que quatre premières balles sur dix. Après le changement de côté, Stepanek décide de changer de look : un bandeau digne d'Alex Corretja entourait désormais son front sela lui sembla lui redonner confiance. Comme cela lui arrive parfois quand il ne se sent pas en danger, Marat sort du match. Une minute de déconcentration et il offrait le "débreak" à son rival, presque sur un plateau. 2-2.
Dès ce moment, Stepanek, perd ses complexes. A 3-2 en sa faveur, après avoir remporté son premier jeu blanc du match, il se procure deux occasions de se détacher 4-2. Un coup droit gagnant puis un passing précis sortait Marat de ce mauvais pas. Mais le match était devenu équilibré. Pour le plus grand bonheur du public, ravi de voir l'outsider : Stepanek tenir le choc, même si son favori de coeur, Safin était un peu ébranlé...
Même si, quelques gestes d'énervements malgré les éfforts de Marat pour garder son calme (dont une balle expédiée dans le plafond du POPB, au-dessus du panneau de score et quelques rares jets de raquettes), Safin repousse les assauts du Tchèque jusqu'au tie-break. Sa qualité de frappe était moins bonne que lors de ses deux dernières prestations impressionnantes face à Lleyton Hewitt et Guillermo Canas mais, face à un joueur obliger de casser le rythme en fond de court, sous peine "d'implosion", Marat avait le mérite de jouer juste. Insister sur le coup droit de Stepanek : une tactique très, très payante car c'est le coup que Stepanek maitrise le moins !